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Guide approfondi Comprendre l’identité

Comprendre la diversité de genre

Votre enfant vous a dit être trans. Vous n’avez pas besoin de tout comprendre ce soir.
Il vous faut un point de départ, et une façon de continuer à apprendre.

Peu de temps? Le guide express de 4 minutes explique quoi dire dès maintenant.

Commencer ici

Prenez un moment pour faire une pause et vous recentrer. Vous êtes capable. Vous avez déjà appris de nouvelles choses, et vous pouvez le refaire.

Peut-être que votre enfant vous a dit vouloir utiliser d’autres pronoms ou un autre prénom. Peut-être que votre enfant vous a dit être une fille, un garçon, une personne non binaire, ou ne pas se reconnaître dans le genre qu’on lui a attribué en grandissant. Votre enfant a peut-être sept ans. Ou trente-sept. Le point de départ est le même.

Personne ne connaît mieux le genre de votre enfant que votre enfant. Écoutez, et le reste suivra. Laissez votre enfant vous guider, et vous pourrez lui offrir un amour et un soutien inconditionnels. C’est ce à quoi on s’engage en devenant parent.

Ce que votre enfant se demande peut-être en ce moment

Mes parents vont-ils encore m’appeler par mon ancien prénom?

Pensent-ils que je suis dans la confusion?

Vont-ils le dire à grand-maman?

Est-ce que je viens de tout rendre bizarre?

La réponse qui aide le plus est simple, et c’est la même pour chacune de ces questions.

Je te crois. Je t’aime. On va apprendre ensemble.

Trans 101 : qu’est-ce que ça veut dire, être transgenre?

Transgenre, ou trans, est un terme parapluie qui désigne les personnes qui savent au plus profond d’elles-mêmes qu’elles ne sont pas du genre qu’on leur a attribué à la naissance. Les personnes trans sont d’un autre genre que celui dans lequel on les a élevées.

Filles et femmes trans

Personnes élevées comme des garçons qui se savent filles ou femmes.

Garçons et hommes trans

Personnes élevées comme des filles qui se savent garçons ou hommes.

Personnes non binaires

Personnes qui se savent d’un autre genre que celui de leur éducation, mais pas du genre « opposé ». Le terme non binaire est lui-même un parapluie qui regroupe de nombreux genres distincts en dehors du binaire homme-femme.

Personnes bispirituelles

Terme parapluie propre aux peuples autochtones, utilisé dans de nombreuses communautés autochtones, qui englobe l’identité sexuelle, de genre, culturelle et/ou spirituelle. Une personne peut être trans et bispirituelle, ou seulement bispirituelle. Chaque personne bispirituelle le définit à sa façon.

Un exemple. À la naissance d’une personne, le médecin annonce « c’est un garçon ». Si cette personne ne se sent pas garçon à l’intérieur, ne s’identifie pas comme garçon, est profondément mal à l’aise qu’on dise « il » en parlant d’elle et se sait d’un autre genre, cette personne est transgenre. Ce pourrait être une fille trans, une personne bispirituelle (si elle est autochtone), une personne non binaire, ou quelqu’un qui choisit de n’utiliser aucune étiquette.

Deux parapluies. « Trans » englobe les personnes trans binaires (hommes et femmes trans) et les personnes non binaires. « Non binaire » est un parapluie en soi, qui regroupe de nombreux genres : genre fluide, agenre, genderqueer, demi-garçon, demi-fille et plus encore. Votre enfant utilise peut-être un de ces mots, plusieurs, ou aucun.

Ce qu’être trans n’est pas

Être trans, c’est

  • Une partie de qui est votre enfant, comme son humour ou son entêtement
  • Défini par votre enfant, pas par un manuel
  • Une facette d’une personne entière

Être trans, ce n’est pas

  • Une phase
  • Un choix
  • Le signe que quelque chose ne va pas chez quelqu’un
  • Une idéologie

Chaque personne trans a sa propre façon de définir qui elle est et ce qu’être trans signifie pour elle. Avec le temps, votre enfant vous en apprendra davantage sur ce que ça signifie à ses yeux. D’ici là, faites preuve de patience, aimez votre enfant et faites des activités familiales ordinaires. Toutes les conversations n’ont pas à porter sur le genre. Il faut de l’espace pour simplement vivre et être ensemble.

Le genre n’est qu’un aspect de la vie. Votre enfant a bien d’autres facettes qui sont les mêmes que la semaine dernière : ses intérêts, ses passe-temps, ses valeurs, sa personnalité, ses forces et sa façon d’être en lien avec vous.

Combien de personnes sont transgenres?

Environ 1 personne sur 300 au Canada, chez les 15 ans et plus, est transgenre ou non binaire.

Le Recensement de 2021 a dénombré 0,33 % de personnes transgenres ou non binaires parmi la population canadienne de 15 ans et plus. Parmi elles, un peu plus de 40 % étaient non binaires; les autres se répartissaient assez également entre hommes trans et femmes trans. Chez les jeunes adultes de 20 à 24 ans, la proportion était d’un peu moins de 1 sur 100.

Source : Statistique Canada, Recensement de la population de 2021

Ces chiffres comptent parce qu’on parle souvent du fait d’être trans comme de quelque chose de marginal ou d’inhabituel. Dans une école secondaire de mille élèves, ça représente une poignée de jeunes trans. Dans une ville de la taille de Hamilton, ce sont des milliers de personnes. Votre enfant est en bonne compagnie.

Prénoms et pronoms

Le prénom est la première chose par laquelle on nous appelle. Entendre le bon, de la bouche d’un parent, touche quelque chose de profond. Les personnes trans décrivent ce moment comme le fait d’être vues, ou qu’on leur parle enfin à elles plutôt qu’à côté d’elles. Entendre le mauvais de la part de quelqu’un qui nous aime touche tout aussi profondément, dans l’autre sens. C’est pour ça que c’est si important, et que ça vaut la peine de bien faire, même quand c’est maladroit.

Pratiquez-vous quand votre enfant ne peut pas vous entendre. Dans l’auto. Sous la douche. En parlant au chien. « Voici ma fille, Maya. Maya est à son entraînement. Avez-vous rencontré Maya? » Ça semble ridicule pendant environ trois jours, puis ça ne l’est plus. Les cinquante premières fois sont les plus difficiles; ensuite, ça devient automatique.

Quand vous vous trompez, corrigez-vous et continuez. « Elle me disait, pardon, il me disait qu’il avait aimé le voyage. » Vous corrigez, vous continuez, c’est réglé. Ne vous arrêtez pas pour faire un discours sur tous vos efforts. De longues excuses transforment votre erreur en travail pour votre enfant : maintenant, il faut que votre enfant rassure quelqu’un, et ce quelqu’un, c’est vous. Une correction rapide dit le contraire : j’ai remarqué, ça compte pour moi, et il ne s’agit pas de moi.

Ne demandez pas de laisser passer. « Tu sais ce que je veux dire. » « C’est difficile pour moi. » « Ça fait seize ans que je t’appelle comme ça. » Tout ça est vrai. Mais tout ça s’entend comme « je ne vais pas faire d’effort ». Votre ado sent la différence entre quelqu’un qui se trompe en essayant et quelqu’un qui a décidé de ne pas se donner la peine.

L’ancien prénom. Bien des personnes trans l’appellent leur morinom (deadname), et le mot est choisi à dessein. Pour beaucoup, l’entendre donne l’impression qu’on leur dit que la personne qu’elles sont aujourd’hui ne compte pas. Alors :

  • Ne l’utilisez pas pour attirer l’attention de votre enfant, même dans l’urgence.
  • Ne l’utilisez pas avec la parenté pour faciliter les choses. « Tu te souviens de Maya » suffit.
  • Vieilles photos et documents : demandez. Certains ados veulent faire disparaître les anciennes photos, d’autres s’en moquent, d’autres décideront plus tard. Suivez leur choix, et ne jetez rien.
  • Quand un membre de la famille continue de l’utiliser, c’est à vous de le corriger. Chaque fois. Votre enfant ne devrait pas avoir à le faire.

Qui annonce quoi à qui. L’école, le médecin de famille, le dentiste, l’entraîneur, les grands-parents. Ne présumez rien. Demandez : « Avec qui veux-tu que ça change maintenant, et qu’est-ce qui peut attendre? » Puis : « Veux-tu le leur dire toi-même, ou préfères-tu que je le fasse? » Offrez de faire les appels; bien des ados préfèrent que vous vous en chargiez. Si l’école exige un formulaire ou si la clinique demande une lettre, renseignez-vous sur les démarches avant de promettre quoi que ce soit. Le changement de nom légal est une conversation pour plus tard, et c’est à votre enfant de l’entamer.

Des pronoms que vous n’avez jamais utilisés. « Iel » peut sembler étrange dans la bouche, jusqu’au jour où ça ne l’est plus. Et vous utilisez déjà des formulations neutres sans vous en rendre compte : « Quelqu’un a oublié son parapluie, j’espère que cette personne reviendra le chercher. » D’autres néopronoms, comme « ul » ou « ille », sont plus rares et demandent plus de pratique, mais la même règle s’applique : faites-le bien la plupart du temps, corrigez le reste et continuez.

Si vous vous trompez

« Elle, pardon, il me parlait de… » Corrigez et continuez. En faire tout un plat oblige votre enfant à vous réconforter.

Ce que la transition peut vouloir dire

« Transition », c’est un seul mot pour trois choses différentes, et les parents entendent souvent la plus lourde en premier. La plupart du temps, ce que votre enfant demande en ce moment, c’est la plus légère.

La transition sociale

Le quotidien : un prénom, des pronoms, une coupe de cheveux, d’autres vêtements, peut-être un autre rayon du magasin. C’est gratuit, c’est réversible, et c’est par là que presque tout le monde commence. Pour bien des personnes trans, surtout les enfants et les jeunes ados, c’est toute la transition pendant longtemps, parfois pour de bon. Quand votre ado demande qu’on l’appelle par un nouveau prénom, c’est une transition sociale, et elle est déjà en cours.

La transition légale

Changer le prénom et la mention de sexe sur les documents : dossiers scolaires, carte d’assurance maladie, acte de naissance, passeport. Les règles sont provinciales et elles changent, alors vérifiez celles qui s’appliquent là où vous vivez. Dans la majeure partie du Canada, il s’agit d’un formulaire et de frais, pas d’un procès, et c’est souvent plus simple que les parents ne le pensent. Ce n’est pas urgent non plus. Votre ado peut vivre selon son identité pendant des années avant de toucher à un document, et bien des jeunes le font.

La transition médicale

Elle comprend notamment les bloqueurs de puberté, les hormones et, pour les adultes, la chirurgie. Trois choses à savoir avant d’aller plus loin :

  • Ce ne sont pas toutes les personnes trans qui veulent une transition médicale. Être trans ne l’exige pas.
  • Rien ne se fait rapidement, et rien ne se fait sans une équipe soignante : un médecin de famille, généralement un ou une spécialiste, et souvent un ou une thérapeute, avec un consentement à chaque étape. Pour les personnes mineures, les parents font partie du processus.
  • Internet est le pire endroit pour s’informer à ce sujet. Les résultats de recherche sont dominés par des gens qui ont une cause à vendre. C’est au médecin de votre enfant, et non dans un fil de commentaires, que ces questions doivent être posées.

Si votre ado pose des questions médicales

« Informons-nous ensemble, comme il faut. » Puis prenez rendez-vous.

Si votre enfant est adulte

Tout ce qui précède s’applique encore, à une différence près : c’est sa décision. Vous pouvez poser des questions, exprimer vos inquiétudes et dire que vous l’aimez. Vous ne pouvez pas décider à sa place, et essayer pourrait vous coûter la relation, sans changer l’issue. Ce qu’un parent qui soutient son enfant adulte peut faire, c’est d’être la personne vers qui se tourner quand c’est difficile, et de se présenter aux rendez-vous auxquels on l’invite.

Où en apprendre davantage. Trans Care BC propose une section en langage simple pour les parents et les familles (en anglais), qui vaut la lecture même si vous n’habitez pas en Colombie-Britannique. Santé arc-en-ciel Ontario tient un répertoire de prestataires de soins qui affirment l’identité des personnes. Votre section pflag est un bon réseau pour savoir quelles ressources ont aidé des familles comme la vôtre.

Les questions des parents

Ai-je fait quelque chose de mal?

Absolument pas. En fait, vous avez fait quelque chose de bien. Si votre enfant vous parle du fait d’être trans, c’est un signe de confiance : votre enfant veut partager cette partie de son identité avec vous. C’est un cadeau. C’est plutôt quand un enfant cesse de vous parler de son identité qu’il faut s’inquiéter.

Tout comme rien n’aurait pu vous rendre transgenre, rien de ce que quelqu’un a fait n’a rendu votre enfant transgenre. Votre enfant est trans, tout simplement. Ça fait partie de son identité.

Être transgenre, est-ce une maladie mentale?

Être transgenre n’est pas une maladie mentale. Certaines personnes trans vivent de la dysphorie de genre : un diagnostic qui décrit une détresse intense liée au sexe assigné à la naissance et au rôle de genre qui l’accompagnait. Il décrit la détresse, pas l’identité. La réponse consiste généralement en une transition sociale et, lorsque c’est souhaité et approprié, une transition médicale.

Une revue de la recherche publiée en 2018 a conclu que les taux élevés de difficultés de santé mentale dans les communautés trans n’étaient pas attribuables au fait d’être trans, mais à la stigmatisation et à la discrimination, ainsi qu’à des facteurs sociaux comme la pauvreté, le racisme et le manque de soutien. Autrement dit, ce n’est pas le fait d’être trans qui rend les gens tristes. C’est la façon dont on les traite.

La bonne nouvelle : vous avez le pouvoir de changer ça pour votre enfant. Le soutien familial est l’une des protections les plus solides contre le suicide chez les jeunes trans. Les gens vont mieux et se sentent mieux quand leur famille les soutient et les reconnaît dans le genre qu’ils savent être le leur.

Source : Valentine, S. E., & Shipherd, J. C. (2018). A systematic review of social stress and mental health among transgender and gender non-conforming people in the United States. Clinical Psychology Review, 66, 24–38.

Tout le monde semble en désaccord sur ces termes. Comment arriver à les utiliser correctement?

Il y a des gens qui étudient le genre pendant des années, avec plusieurs diplômes, et qui ne s’entendent toujours pas sur les définitions. Personne ne s’attend à ce que vous y arriviez. Ce qu’on attend, c’est un peu de compréhension et une volonté d’apprendre.

Nul besoin de perfection pour offrir du soutien. Tout le monde fait des erreurs. Ce qui compte le plus, c’est d’en tirer des leçons, de les reconnaître et de vous excuser s’il y a lieu.

Et si je ne comprends pas tout?

Vous n’avez pas besoin de comprendre entièrement le genre de quelqu’un pour l’aimer et l’appuyer. Si vous êtes un homme, vous ne comprendrez jamais complètement ce que c’est d’être une femme, et l’inverse est vrai aussi. Si vous n’êtes pas une personne trans, vous ne comprendrez jamais entièrement cette expérience non plus. La bonne nouvelle, c’est que ce n’est pas nécessaire pour être un parent aimant et solidaire.

À quel âge peut-on vraiment savoir?

Pensez au moment où vous avez su votre propre genre. La plupart d’entre nous ne s’en souviennent pas, parce que c’était là avant nos souvenirs. Les enfants ont habituellement une idée de leur genre vers trois ou quatre ans, et ceux qui s’avèrent être trans le disent souvent tout aussi tôt et tout aussi clairement que les autres. Ils n’annoncent pas un projet. Ils vous disent qui ils sont.

Ce dont un jeune enfant a besoin, ce n’est pas d’une décision de votre part : c’est d’espace. Laissez les tout-petits porter ce qu’ils veulent, jouer avec ce qu’ils veulent et utiliser à la maison le prénom qu’ils aiment. Rien de tout ça n’est permanent, et rien ne ferme de porte. Si votre enfant de cinq ans dit « je suis une fille », la réponse la plus utile est la même que pour tout ce que votre enfant vous confie à son sujet : « D’accord. Parle-moi-en. »

Certains enfants continuent de le dire, d’autres arrêtent. Dans les deux cas, c’est correct. Ce que vous ne regretterez jamais, c’est d’avoir écouté.

Mon enfant adulte vient de faire son coming out. Pourquoi ne pas me l’avoir dit plus tôt?

Parce que votre enfant ne savait pas comment vous réagiriez, et l’enjeu était énorme. Ce n’est pas une accusation. C’est comme ça pour presque tout le monde, y compris les adultes qui ont eu des parents aimants. Bien des personnes trans passent des années à se comprendre avant de le dire à qui que ce soit, et les gens qu’elles aiment le plus sont souvent les derniers à l’apprendre, justement parce que les perdre serait le plus douloureux.

La question n’est donc pas de savoir pourquoi votre enfant a attendu. C’est plutôt ce que ce coming out vous dit maintenant : le moment est venu, et votre enfant vous fait assez confiance pour prendre ce risque. La meilleure chose à dire ressemble à : « Merci de me l’avoir dit. Ça me touche beaucoup. » Évitez « Je l’ai toujours su » et « J’aurais aimé que tu me le dises plus tôt ». La première phrase lui enlève son moment; la seconde transforme son soulagement en culpabilité.

Votre enfant est adulte, alors les décisions à venir lui appartiennent. Votre rôle est plus modeste, et plus beau : faire en sorte que votre enfant se réjouisse de vous l’avoir dit.

Je vis un deuil de la fille ou du fils que je croyais avoir. Est-ce normal?

Oui. C’est normal, c’est courant, et ça ne fait pas de vous un mauvais parent. La plupart d’entre nous portons une image de l’avenir de notre enfant que nous n’avons jamais choisie ni examinée : un mariage, un nom sur un programme de remise des diplômes, un mot qu’on utiliserait à la réunion de famille. Quand l’image change, ça peut faire mal, et faire semblant que non ne fait que déplacer la douleur ailleurs.

Deux choses rendent ce deuil différent de celui auquel on pense d’habitude. D’abord, personne n’est mort. La personne que vous pleurez est dans la pièce d’à côté, avec le même rire et les mêmes goûts musicaux douteux, et elle a besoin de vous. Ensuite, ce que vous avez perdu, c’est une image. Ce que vous avez, c’est un enfant qui vous a confié la vérité. Avec le temps, la plupart des parents trouvent que la deuxième vaut bien plus que la première, et de loin.

Vivez le deuil de cette image, donc, mais pas devant votre enfant, et pas assez longtemps pour que votre enfant finisse par croire que c’est sa personne que vous pleurez. Confiez-vous à votre partenaire, à quelqu’un de proche, à un ou une thérapeute, ou à une rencontre pflag, où il y aura un parent qui a ressenti exactement la même chose il y a deux ans et qui, aujourd’hui, ne tarit pas d’éloges sur son fils.

Les mots, en langage simple

Apprendre un nouveau vocabulaire, c’est beaucoup, surtout quand une erreur risque de blesser quelqu’un que vous aimez. Pas besoin de tout savoir du jour au lendemain. Voici les termes qui reviennent le plus souvent.

Identité

Genre
La connaissance qu’une personne a d’elle-même comme homme, femme, personne non binaire, bispirituelle ou d’un autre genre. Pour bien des gens, ça n’a jamais été une question, parce que ça a toujours semblé juste. Pour les personnes trans, ce n’était pas si simple.
Transgenre / trans
Terme parapluie qui désigne les personnes qui savent au plus profond d’elles-mêmes qu’elles ne sont pas du genre qu’on leur a attribué à la naissance. Les deux mots s’emploient de façon interchangeable.
Cisgenre / cis
Une personne qui n’est pas trans : son genre correspond à celui dans lequel on l’a élevée.
Non binaire
Terme parapluie pour les genres en dehors du binaire homme-femme. Comprend de nombreux genres distincts.
Genre fluide (genderfluid)
Personne dont le genre varie dans le temps, d’un jour à l’autre ou sur de plus longues périodes.
Agenre
Personne qui n’a pas de genre et qui ne ressent pas fortement le fait d’être un homme, une femme ou d’un autre genre.
Bispirituel (deux-esprits)
Terme parapluie propre aux peuples autochtones qui englobe l’identité sexuelle, de genre, culturelle et/ou spirituelle. Chaque personne bispirituelle le définit à sa façon, et ce n’est pas un terme que les personnes non autochtones peuvent s’approprier.
Transféminin / trans fem
Les filles et les femmes trans, ainsi que les personnes non binaires élevées comme des garçons.
Transmasculin / trans masc
Les garçons et les hommes trans, ainsi que les personnes non binaires élevées comme des filles.

Corps et naissance

Sexe assigné à la naissance
Le sexe inscrit sur l’acte de naissance d’une personne. Souvent abrégé en anglais : AFAB (assigned female, sexe assigné féminin) ou AMAB (assigned male, sexe assigné masculin).
Sexe biologique
Les chromosomes, les organes génitaux, les hormones et d’autres caractéristiques corporelles, classés comme masculins, féminins ou une combinaison des deux.
Intersexe
Personne née avec des caractéristiques sexuelles (organes génitaux, gonades, chromosomes) qui ne correspondent pas au binaire masculin-féminin. Terme parapluie pour un large éventail de variations; le milieu médical parle de « différences du développement sexuel », alors que la communauté dit généralement « intersexe ».

Expression

Expression de genre
La façon dont une personne présente son genre : paillettes ou nœud papillon, coupe en brosse ou cheveux jusqu’au milieu du dos, pantalon ou jupe. Certaines personnes ont une expression très féminine (pensez à Barbie), d’autres très masculine (pensez à Ken), et bien d’autres se situent entre les deux ou complètement en dehors du binaire (pensez à David Bowie dans Labyrinthe). L’expression et l’identité ne sont pas la même chose : un homme trans peut adorer les paillettes.

Une image utile. Trans Student Educational Resources propose la Gender Unicorn (licorne du genre), qui présente l’identité, l’expression, le sexe assigné à la naissance et l’attirance comme des curseurs distincts. Les voir côte à côte, c’est souvent ce qui fait tout comprendre.

Continuer à apprendre

Les meilleurs apprentissages se font de biais : dans les histoires, pas dans les définitions. Quelques points de départ.

Regarder
Des séries qui parlent des personnes trans avec respect : Heartstopper, Sex Education, Sort Of (produite à Toronto).
Suivre
Des artistes et des voix trans, non binaires et bispirituelles : Alok, Mae Martin, Kai Cheng Thom.
Lire
Des figures trans qui ont marqué l’histoire : Kate Bornstein, Leslie Feinberg, Janet Mock, Julia Serano (surtout en anglais). À noter : beaucoup de ces personnes ont vécu de la violence et ne l’édulcorent pas dans leurs écrits.
Emprunter
Bien des sections de pflag ont une bibliothèque de prêt de livres sur la parentalité. Consultez la page de votre section.

Des organismes qui peuvent aider

Trans Care BC : Parents & Families

Des conseils en langage simple pour les parents d’enfants trans et créatifs dans leur genre, selon l’âge (moins de 12 ans, 13 à 18 ans, 19 ans et plus), et des astuces pour collaborer avec les écoles. Offert par la Provincial Health Services Authority de la Colombie-Britannique; à lire peu importe où vous vivez. En anglais.

Jeunes identités créatives / Gender Creative Kids

Organisme communautaire montréalais qui soutient les jeunes trans, non binaires et fluides dans leur genre, ainsi que leurs familles, depuis 2013, avec des groupes pour parents et du soutien en milieu scolaire. En français et en anglais.

Santé arc-en-ciel Ontario (Rainbow Health Ontario)

Répertoire de prestataires de soins de santé qui affirment les personnes 2ELGBTQ+, et bibliothèque de ressources pour les familles. Un programme de Sherbourne Health. En français et en anglais.

Trans Lifeline

Soutien par les pairs au téléphone, offert par et pour les personnes trans (en anglais). Les lignes sont ouvertes en semaine de 13 h à 21 h, heure de l’Est (de 10 h à 18 h, heure du Pacifique). En dehors de ces heures, appelez ou textez le 9-8-8.

Vous cherchez quelque chose près de chez vous? Consultez les organismes de la catégorie Santé et bien-être dans notre répertoire de ressources.

Pas besoin de tout comprendre pour bien aimer votre enfant.

Vous n’avez pas à faire ce chemin en solitaire

En plus de l’amour, vous ressentez peut-être du deuil, de la peur ou de la confusion. Ces émotions sont normales, et elles méritent un endroit où se déposer. Cet endroit ne devrait pas être votre enfant.

Partout au Canada, les sections de pflag tiennent des rencontres de soutien par les pairs pour les parents et les familles d’enfants trans et de diverses identités de genre, souvent animées par des parents qui ont quelques années d’avance sur ce chemin.

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Écoutez. Aimez. Apprenez en chemin. C’est ça, tout le travail.

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Si vous ou une personne que vous aimez traversez une crise, du soutien gratuit est offert en tout temps.

  • 9-8-8 Ligne d’aide en cas de crise de suicide Appelez ou textez, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, en français et en anglais.
  • 1-800-668-6868 Jeunesse, J’écoute Pour les jeunes, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
  • 1-877-330-6366 Trans Lifeline Soutien par les pairs offert par et pour les personnes trans (en anglais).

Si une personne est en danger immédiat, composez le 9-1-1.