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Soutenir un ou une collègue dont l’enfant a fait son coming out

Un ou une collègue vient de vous confier que son enfant a fait son coming out. C’est une marque de confiance. Pas besoin d’être spécialiste pour être le ou la collègue dont cette personne a besoin.

Les parents passent une grande partie de leur semaine au travail, souvent alors qu’il se passe beaucoup de choses à la maison. Quand un enfant fait son coming out, un parent peut se réjouir, s’inquiéter, ou les deux, tout en assistant à des réunions comme si de rien n’était. Une seule personne bienveillante au travail peut beaucoup alléger les choses.

Pas besoin des mots parfaits. Il suffit d’écouter, et de garder ça pour vous.

Ce que votre collègue ressent peut-être

« J’ai à peine dormi cette nuit. »

« Mon enfant fait ma fierté, et en même temps, j’ai terriblement peur de ce qui pourrait lui arriver. »

« Je ne sais pas à qui je peux le dire ici. »

« Je vérifie sans cesse mon téléphone, au cas où mon enfant aurait besoin de moi. »

« J’ai juste besoin d’une conversation normale aujourd’hui. »

Un parent peut ressentir tout ça dans la même journée. Vous n’avez rien à régler. Savoir qu’une personne au travail comprend peut suffire.

Juste après la confidence

  • Écoutez d’abord.Laissez votre collègue donner le ton. Certains parents l’annoncent comme une bonne nouvelle. D’autres le vivent avec inquiétude ou de la peine. Laissez-vous guider par sa réaction.
  • Demandez comment ça va.La question ne porte pas sur l’identité de l’enfant, mais sur votre collègue.
  • Gardez vos opinions pour vous.Peu importe ce que vous pensez, c’est le moment d’être un ou une collègue, pas de commenter.
  • Remerciez votre collègue de vous l’avoir dit.C’est peut-être la première fois que cette personne en parle à voix haute au travail.

Quoi dire

« Merci de me l’avoir dit. Comment ça va, toi, avec tout ça? »

L’attention reste sur votre collègue.

« Ça fait beaucoup à porter. Est-ce qu’il y a quelque chose qui te faciliterait le travail cette semaine? »

C’est concret, et c’est une offre, pas une obligation.

« Ton enfant a de la chance de t’avoir dans son camp. »

Pour un parent qui offre clairement son soutien. Ça compte plus que vous ne le pensez.

« Je vais garder ça pour moi. »

Dites-le à voix haute. C’est souvent ce dont votre collègue a le plus besoin.

Ce qui aide

  • Écouter plus que parler
  • Demander comment ça va
  • Respecter la confidentialité
  • Offrir une aide précise
  • Prendre des nouvelles une fois, plus tard

À éviter

  • « Et toi, tu l’acceptes? »
  • « Oh, toutes mes sympathies »
  • « C’est sûrement une phase »
  • Les questions sur le corps, les soins médicaux ou la vie sexuelle de l’enfant
  • En faire un débat

Respecter la confidentialité

C’est la chose la plus importante que vous puissiez faire. Il se peut que l’enfant de votre collègue n’ait pas fait son coming out à l’école, dans la famille ou en ligne. Il se peut aussi que votre collègue ne veuille pas que votre gestionnaire, l’équipe ou qui que ce soit d’autre le sache.

N’en parlez pas, même avec de bonnes intentions, même à une personne dont la bienveillance ne fait aucun doute pour vous. Si quelqu’un vous pose des questions, vous pouvez répondre : « Ce n’est pas à moi d’en parler. »

Si votre collègue vous mentionne plus tard le nouveau prénom ou les nouveaux pronoms de son enfant, utilisez-les, comme vous le feriez pour tout membre de la famille d’un ou d’une collègue.

Du soutien concret au travail

  • Prenez le relais.Offrez de vous occuper d’une réunion, d’un quart de travail ou d’une échéance si votre collègue a besoin de temps.
  • Faites preuve de souplesse.Les rendez-vous, les appels de l’école et les soirées difficiles à la maison peuvent déborder sur la journée de travail.
  • Prenez des nouvelles une fois, plus tard.Une ou deux semaines après, un discret « Comment ça va à la maison? » suffit amplement. Laissez ensuite votre collègue décider d’en parler ou non.
  • Continuez comme d’habitude.Les dîners, les blagues et les conversations de travail ordinaires sont aussi une forme de soutien.

Si vous êtes gestionnaire

  • Respectez la vie privée.Ne communiquez l’information qu’aux personnes qui en ont vraiment besoin, comme les ressources humaines pour une demande de congé, et seulement avec l’accord de la personne.
  • Offrez de la souplesse.Un horaire flexible, des journées de télétravail ou un congé de courte durée peuvent faire une vraie différence. Ne demandez pas plus de détails que ce qu’exigent vos politiques.
  • Faites connaître les ressources.Bien des milieux de travail offrent un programme d’aide aux employés et à la famille (PAEF), avec des services de consultation confidentiels pour des situations familiales comme celle-ci.
  • Connaissez les bases.Au Canada, les lois sur les droits de la personne protègent contre la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle, l’identité ou l’expression de genre et la situation de famille. L’employeur peut aussi avoir une obligation d’accommodement à l’égard des responsabilités familiales d’une personne salariée. Vérifiez auprès des ressources humaines ce qui s’applique dans votre milieu de travail et votre province.
  • Donnez le ton.La façon dont une équipe parle des personnes 2ELGBTQIA+ au quotidien montre au personnel s’il est sécuritaire de parler de sa famille au travail. Indiquez clairement que les blagues et les insultes ne sont pas acceptées.

Quand d’autres font des commentaires

Si quelqu’un fait une blague ou un commentaire méprisant, que cette personne soit au courant ou non pour l’enfant de votre collègue, intervenez calmement : « Ce genre de commentaire n’a pas sa place ici. » Pas besoin de faire la morale. Une réponse courte et posée suffit à établir la norme.

Si votre collègue était là, prenez de ses nouvelles ensuite. Si les commentaires continuent, signalez-les à un ou une gestionnaire ou aux ressources humaines, selon les politiques de votre milieu de travail.

Les questions des collègues

Je ne connais pas grand-chose à ce sujet. Est-ce mieux de ne rien dire?

Non. Le silence peut donner l’impression d’une désapprobation. Pas besoin de connaître le vocabulaire. « Merci de me l’avoir dit. Comment ça va? » suffit. Si vous voulez en savoir plus, Comprendre l’orientation sexuelle et Comprendre la diversité de genre sont de bons points de départ.

Mes convictions personnelles sont différentes. Que faire?

Vous n’avez pas à les exprimer, et le travail n’est pas l’endroit pour débattre de la famille d’un ou d’une collègue. Vous pouvez quand même faire preuve de respect, de bienveillance et de discrétion. C’est ça, être un bon ou une bonne collègue.

Mon ou ma collègue semble vivre ça avec plus de peine que de joie. Est-ce mauvais signe?

Pas nécessairement. Bien des parents s’inquiètent pour la sécurité de leur enfant ou font encore le point sur leurs propres émotions. Écouter sans juger aide à avancer. Si votre collègue traverse une période difficile, parlez-lui d’un soutien confidentiel, comme votre PAEF ou une rencontre pflag.

Est-ce que je peux en parler à ma propre famille?

Pas d’une façon qui permettrait d’identifier qui que ce soit. Si vous voulez discuter de la meilleure façon d’offrir votre soutien, laissez de côté les noms et les détails.

Mon propre enfant a aussi fait son coming out. Devrais-je le dire?

Si ça vous semble approprié, oui. « On a vécu ça l’an dernier » peut être d’un grand réconfort. Gardez simplement l’attention sur votre collègue, et offrez de partager ce qui vous a aidé.

À lire aussi : Faire son coming out en tant que parent · À quoi vous attendre lors de votre première rencontre pflag · Comprendre l’orientation sexuelle

L’orienter vers du soutien

Bien des parents ne savent pas qu’il existe des groupes de soutien par les pairs gratuits pour les familles comme la leur. Les sections pflag partout au Canada tiennent des rencontres pour les parents et les familles, en personne et en ligne. Vous pourriez transmettre À quoi vous attendre lors de votre première rencontre pflag à votre collègue, ou lire Faire son coming out en tant que parent pour comprendre ce que cette personne vit.

Trouver une section près de chez vous

Une seule personne bienveillante au travail peut rendre une semaine difficile beaucoup plus douce.

Besoin de parler à quelqu’un maintenant?

Si vous ou une personne que vous aimez traversez une crise, du soutien gratuit est offert en tout temps.

  • 9-8-8 Ligne d’aide en cas de crise de suicide Appelez ou textez, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, en français et en anglais.
  • 1-800-668-6868 Jeunesse, J’écoute Pour les jeunes, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
  • 1-877-330-6366 Trans Lifeline Soutien par les pairs offert par et pour les personnes trans (en anglais).

Si une personne est en danger immédiat, composez le 9-1-1.