Faire son coming out en tant que parent
Votre enfant a fait son coming out. Maintenant, c’est à vous de décider à qui le dire, comment le dire, et quoi faire quand les gens réagissent. Les parents aussi font leur coming out, et c’est parfois plus difficile qu’on ne le dit.
Quand un enfant fait son coming out, les parents se retrouvent souvent avec une nouvelle qui ne leur appartient pas entièrement, au moment même où ils ont le plus besoin d’en parler. Ce guide vous aide à vous y retrouver, une conversation à la fois.
Vous pouvez protéger la vie privée de votre enfant et obtenir quand même le soutien dont vous avez besoin.
D’autres parents l’ont vécu
« À qui est-ce que j’ai le droit de le dire, au juste? »
« J’appréhende de l’annoncer à ma mère. »
« Et si mes amis réagissaient mal? »
« Au travail, quelqu’un m’a demandé des nouvelles de ma fille, et j’ai figé. »
« J’ai envie de publier un message de fierté, mais est-ce à moi de le faire? »
« Les fêtes m’inquiètent. »
Le coming out des parents est l’un des sujets les plus abordés lors des rencontres pflag. Ces questions ne veulent pas dire que vous avez honte. Elles montrent que vous prenez soin de quelque chose de précieux.
Son histoire, votre soutien
Il y a là une vraie tension. Vous avez besoin d’en parler. Mais l’identité de votre enfant, c’est son histoire à raconter, et en parler avant que votre enfant le souhaite peut lui faire courir des risques, à l’école, au travail ou dans la famille élargie.
Il est généralement possible de respecter les deux :
- Demandez à votre enfant.« J’aimerais parler à quelqu’un de ce que je ressens. À qui serais-tu à l’aise que j’en parle? » Bien des enfants ressentent du soulagement qu’on le leur demande.
- Parlez de vos émotions, pas de son identité.« Mon enfant m’a confié quelque chose d’important, et j’ai besoin de digérer tout ça » vous permet d’obtenir du soutien sans révéler de détails.
- Utilisez des espaces confidentiels.Les rencontres pflag, un ou une thérapeute ou une ligne d’écoute sont des endroits où vous pouvez tout dire sans que ça circule.
- Vérifiez de nouveau avant de rendre la nouvelle publique.Même si votre enfant l’a dit à ses amis, il se peut que votre enfant ne veuille pas encore que la famille, vos collègues ou les réseaux sociaux soient au courant. Demandez avant chaque nouveau cercle.
Si l’autre parent ne veut pas encore que qui que ce soit le sache, lisez Quand vous et l’autre parent n’êtes pas d’accord.
À qui le dire en premier
- Commencez par une personne susceptible d’être bienveillante.Une première conversation qui se passe bien vous donne confiance pour les plus difficiles.
- Pratiquez-vous.Le dire à voix haute, même devant un miroir ou dans un groupe pflag, rend la fois suivante plus facile.
- Élargissez le cercle petit à petit.Les amis proches, puis la famille, puis le travail ou la communauté, à un rythme qui vous convient, à vous et à votre enfant.
- Vous ne devez d’annonce à personne.Certaines familles le disent à tout le monde d’un coup. Bien d’autres laissent le sujet venir naturellement, avec le temps. Les deux façons sont correctes.
Quoi dire
Pas besoin d’un discours. Quelques phrases calmes, dites avec assurance, montrent aux gens comment réagir.
« Mon enfant m’a dit être gai. Je ressens beaucoup de fierté, et j’ai encore besoin de digérer tout ça. Ça me ferait du bien d’en parler à quelqu’un. »
Pour un ami ou une amie proche. C’est honnête, et ça invite au soutien.
« Notre enfant m’a demandé de vous l’annoncer : c’est une personne trans, et son prénom est maintenant Sam. On aimerait que vous nous aidiez à bien faire les choses. »
Pour la famille, une fois que votre enfant a donné son accord. Ça dit clairement ce que vous attendez des autres.
« Mon enfant est non binaire. Tout va bien chez nous. J’aurai peut-être besoin d’un peu de souplesse pour des rendez-vous dans les temps qui viennent. »
Pour un ou une collègue, ou votre gestionnaire. Court, positif, concret.
« C’est personnel, mais merci de prendre de nos nouvelles. »
Pour toute personne qui pose une question indiscrète.
La façon de le dire compte autant que ce que vous dites. Si vous parlez avec calme et fierté, la plupart des gens suivront votre exemple. Les personnes à qui vous en parlez au travail trouveront peut-être utile Soutenir un ou une collègue dont l’enfant a fait son coming out. Vos amis proches apprécieront peut-être Être une personne alliée pour l’enfant d’un ami ou d’une amie.
Quand les gens réagissent
Les gens vous surprendront, dans un sens comme dans l’autre. Certaines personnes qui, selon vous, auraient du mal à l’accepter seront formidables. D’autres sur qui vous comptiez vous décevront peut-être.
- La bienveillance.Accueillez-la. Un ami ou une amie qui vous dit « Ton enfant a de la chance de t’avoir » peut vous porter pendant des semaines.
- Le silence gêné.Les gens se taisent souvent par peur de faire une gaffe. Aidez-les : « Tu peux me poser des questions. J’apprends encore, moi aussi. »
- La pitié.Si quelqu’un vous offre ses sympathies, vous pouvez répondre : « Il n’y a pas de quoi être triste. Notre enfant fait notre fierté. »
- Les questions indiscrètes.Les questions sur le corps de votre enfant, ses soins médicaux ou sa vie sexuelle sont hors limites, peu importe qui les pose. « C’est quelque chose qu’on garde pour nous » suffit comme réponse.
- L’hostilité ou le jugement.Vous n’avez pas à gagner le débat. « J’aime mon enfant. Ça ne se discute pas » suffit. Vous pouvez limiter vos contacts avec les personnes qui manquent de bienveillance, surtout en présence de votre enfant.
- Les commérages.Si la nouvelle circule plus loin que prévu, rectifiez calmement et rappelez la limite : « S’il te plaît, n’en parle pas. Ce n’est pas ton histoire à raconter, ni la mienne. »
Les réunions de famille
C’est souvent lors des fêtes et des réunions de famille que les parents ressentent le plus de pression.
Ce qui aide
- Demander à votre enfant si ça lui dit d’y aller
- Prévenir les proches importants à l’avance
- Corriger les erreurs vous-même
- Prévoir une façon de partir
- Faire le point ensemble après
Ce qui complique les choses
- Surprendre tout le monde à table
- Compter sur votre enfant pour éduquer la famille
- Laisser passer les commentaires pour avoir la paix
- Pousser votre enfant à « juste passer au travers »
- Faire passer le confort de la famille avant celui de votre enfant
Si des proches refusent d’utiliser le prénom ou les pronoms de votre enfant, vous pouvez écourter les visites ou prendre vos distances. Votre enfant se souviendra de quel côté vous étiez. Pour en savoir plus sur la famille et les pronoms, lisez Soutenir votre enfant non binaire.
Les questions des parents
Est-ce que je dois le dire à qui que ce soit?
Non. Mais porter ça sans en parler à personne est difficile, et ce n’est pas nécessaire. Une seule personne de confiance, ou une rencontre pflag, peut faire une grande différence.
Mon enfant veut que tout le monde le sache, mais moi, je n’en suis pas encore là.
C’est un vrai décalage, et c’est fréquent. Soyez honnête : « Tu fais ma fierté, et j’ai besoin d’un peu de temps pour trouver mes mots. » Évitez de demander à votre enfant de se cacher pour votre confort. Le but, c’est de rattraper votre enfant, pas de freiner son élan.
Quelqu’un en a parlé à d’autres avant le moment choisi par mon enfant, ou par moi.
C’est très difficile à vivre. Prenez d’abord des nouvelles de votre enfant : est-ce que ça va, et est-ce que votre enfant se sent en sécurité? Parlez ensuite à la personne qui l’a répété, et demandez-lui de ne pas aller plus loin.
Est-ce que je devrais en parler sur les réseaux sociaux?
Seulement avec la permission claire de votre enfant, même si la publication est positive. Une fois la publication en ligne, vous ne contrôlez plus qui la voit.
Et si je perdais des amis?
Certaines relations changeront peut-être. Bien des parents constatent que les personnes qui restent deviennent plus proches, et qu’ils se font de nouveaux amis, souvent chez pflag, qui les comprennent vraiment.
Ma communauté de foi risque de ne pas l’accepter.
Bien des familles croyantes ont parcouru ce chemin avant vous. Vous n’avez pas à choisir entre votre foi et votre enfant. Au Canada, de nombreuses communautés de foi accueillent les personnes 2ELGBTQIA+ et leurs familles, et votre section locale peut vous mettre en contact avec d’autres familles croyantes.
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Vous n’avez pas à faire ce chemin en solitaire
Chaque parent présent aux rencontres pflag a dû décider à qui le dire et quoi dire. C’est l’un des sujets les plus utiles à aborder avec des gens qui sont passés par là. Vous vous demandez comment se passe une rencontre? Lisez À quoi vous attendre lors de votre première rencontre pflag.
Trouver une section près de chez vous
Bien raconter votre histoire, c’est une autre façon de montrer à votre enfant toute votre fierté.
Besoin de parler à quelqu’un maintenant?
Si vous ou une personne que vous aimez traversez une crise, du soutien gratuit est offert en tout temps.
- 9-8-8 Ligne d’aide en cas de crise de suicide Appelez ou textez, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, en français et en anglais.
- 1-800-668-6868 Jeunesse, J’écoute Pour les jeunes, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
- 1-877-330-6366 Trans Lifeline Soutien par les pairs offert par et pour les personnes trans (en anglais).
Si une personne est en danger immédiat, composez le 9-1-1.