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Être une personne alliée pour l’enfant d’un ami ou d’une amie

Les jeunes vont mieux quand plus d’une personne adulte les soutient. Si l’enfant d’un ami ou d’une amie fait partie des communautés 2ELGBTQIA+, vous pouvez être l’une de ces personnes, que vous soyez un ami proche ou une amie proche de la famille, parrain ou marraine, voisin ou voisine, ou la « tante » ou l’« oncle » qui n’a pas de lien de sang.

Vous connaissez peut-être ce jeune depuis sa naissance. Vous êtes peut-être l’adulte qui blague avec ce jeune aux soupers de famille, ou qui vient l’encourager à ses matchs. Cette relation peut compter plus que vous ne l’imaginez, surtout maintenant.

Pas besoin d’être parent pour faire une différence dans la vie d’un jeune.

Pourquoi c’est important

Une personne adulte qui accepte un jeune fait une différence.

Selon une enquête menée en 2019 auprès de jeunes LGBTQ aux États-Unis, les jeunes qui avaient au moins une personne adulte qui les acceptait dans leur vie étaient 40 % moins susceptibles de déclarer une tentative de suicide au cours de la dernière année. Cette personne n’a pas besoin d’être un parent.

Source : The Trevor Project, Accepting Adults Reduce Suicide Attempts Among LGBTQ Youth (2019) (en anglais)

Certains jeunes ont des parents qui les soutiennent merveilleusement. D’autres ont des parents qui cherchent encore leur chemin. Dans un cas comme dans l’autre, chaque adulte de plus qui les traite avec respect renforce leur sentiment que le monde leur fait une place.

Être une personne alliée, concrètement

  • Utilisez son prénom et ses pronoms, chaque fois.Y compris quand le jeune n’est pas là. C’est comme ça que les autres apprennent aussi.
  • Ne changez rien à votre façon d’être.Parlez de hockey, d’art, d’examens, de son émission préférée. Son identité n’est qu’une partie de sa personne, pas le seul sujet de conversation.
  • Prenez la parole.Quand quelqu’un fait une blague ou un commentaire méprisant, dites quelque chose. Les jeunes remarquent quels adultes interviennent.
  • Laissez vos mots de tous les jours montrer que vous êtes une personne sûre.La façon dont vous parlez des personnes 2ELGBTQIA+ en passant, au souper ou devant les nouvelles, indique à un jeune si vous êtes digne de confiance.
  • N’en faites pas votre cause.Être une personne alliée, ce n’est pas faire de grands gestes ou publier à son sujet. C’est être une présence stable et respectueuse.
  • Respectez le rôle des parents.Vous faites partie des adultes qui soutiennent ce jeune; vous ne remplacez pas sa famille.

Si le jeune vous fait son coming out

Il arrive que des jeunes se confient à une personne adulte de confiance avant d’en parler à leurs parents, parce que l’enjeu semble moins grand.

  • Écoutez, et remerciez.« Merci de me l’avoir dit. Ça me fait vraiment plaisir que tu m’en aies parlé. »
  • Demandez ce dont le jeune a besoin.Peut-être rien. Peut-être quelqu’un avec qui se pratiquer avant d’en parler à ses parents.
  • Gardez son identité confidentielle.N’en parlez pas à ses parents, à votre partenaire ni à qui que ce soit. C’est son histoire à raconter, au moment et de la façon de son choix.
  • Encouragez sans pousser.Si le jeune songe à en parler à ses parents, vous pouvez l’aider à y réfléchir. Le moment lui appartient.

Vie privée, sécurité et limites

Garder son identité confidentielle, ce n’est pas la même chose que garder des secrets avec ce jeune.

Gardez son identité confidentielle. C’est son droit.

Gardez votre relation transparente. Être une personne adulte de confiance ne veut pas dire avoir des échanges privés ou des rencontres dont ses parents ne savent rien. Restez l’adulte que vous avez toujours été dans sa vie, dans les mêmes contextes, au su de ses parents. Une bonne personne alliée ne demande jamais à un jeune de garder des secrets à l’insu de sa famille.

Ne gardez jamais secret un risque pour sa sécurité. Si un jeune vous confie subir de la violence, penser au suicide ou ne pas être en sécurité à la maison, allez chercher de l’aide. Vous pouvez dire : « Je vais garder pour moi ce que tu m’as confié sur qui tu es. Mais si tu me dis que tu n’es pas en sécurité, je vais devoir aller chercher de l’aide pour toi, et je te le dirai avant de le faire. »

Aidez le jeune à élargir son cercle. Plutôt que d’être son seul soutien, faites-lui découvrir d’autres ressources : l’alliance gai-hétéro (AGH) ou le comité de la diversité sexuelle et de genre de son école, un groupe local de jeunes 2ELGBTQIA+, ou une ligne d’écoute pour les jeunes.

Si un jeune est en danger immédiat, composez le 9-1-1. Les jeunes peuvent joindre Jeunesse, J’écoute en tout temps au 1-800-668-6868, ou en textant PARLER au 686868. Si vous croyez qu’un enfant n’est pas en sécurité à la maison, communiquez avec le service de protection de l’enfance de votre région.

Soutenir aussi le parent

Votre ami ou amie vit peut-être beaucoup de choses, même en offrant tout son soutien.

  • Demandez comment ça va.« Comment ça va, toi, avec tout ça? Je suis là pour toi aussi. »
  • Ne critiquez pas sa façon d’être parent.Même si votre ami ou amie a de la difficulté, le jugement aide rarement quelqu’un à changer.
  • Si le parent a du mal à accepter la situation,restez proche du parent et du jeune. Transmettez Quand votre première réaction n’a pas été à la hauteur, ou suggérez une rencontre pflag. Bien des parents finissent par cheminer parce qu’une personne de confiance est restée patiente avec eux.
  • Comprenez ce que le parent traverse.Faire son coming out en tant que parent explique les conversations que votre ami ou amie appréhende peut-être.

Quoi dire

« Merci de me l’avoir dit. Je te trouve formidable, et ça n’y change rien. »

Au jeune. Court et chaleureux.

« Est-ce qu’il y a quelque chose que tu aimerais que je fasse, ou que je ne fasse pas? »

Au jeune. Ça lui permet de fixer les règles.

« Comment ça va, toi, avec tout ça? Je suis là pour toi aussi. »

Au parent. Les parents aussi ont besoin de personnes alliées.

« Ton enfant a de la chance de t’avoir. »

Au parent, si votre ami ou amie offre son soutien. Ça compte beaucoup.

Les questions des personnes alliées

Je pense que l’enfant de mon ami ou amie fait peut-être partie de la communauté 2ELGBTQIA+, mais personne n’en a parlé. Devrais-je poser la question?

Non. Ne posez pas la question au jeune et ne faites pas de suppositions avec ses parents. Soyez simplement une présence sûre et accueillante. Si ce moment arrive, le jeune saura qu’il est possible de se tourner vers vous.

Le jeune m’a fait son coming out, mais pas à ses parents. Que faire?

Gardez son identité confidentielle, et gardez votre relation avec la famille transparente et ordinaire. Si le jeune veut de l’aide pour réfléchir à la façon d’en parler à ses parents, vous pouvez l’offrir. Si quoi que ce soit dans ses confidences laisse croire à un risque pour sa sécurité, allez chercher de l’aide.

Mon ami ou amie n’accepte pas son enfant. Devrais-je intervenir?

Restez proche du parent et du jeune. Parlez honnêtement avec votre ami ou amie, sans jugement : « Je tiens à vous deux, et je m’inquiète de la façon dont ça se passe. » Transmettez des ressources et suggérez pflag. Évitez de miner l’autorité de votre ami ou amie devant son enfant. Si vous croyez que le jeune n’est pas en sécurité, allez chercher de l’aide.

J’ai utilisé le mauvais prénom ou les mauvais pronoms.

Corrigez-vous rapidement et continuez : « Elle… pardon, iel. » De longues excuses font de votre erreur un fardeau pour le jeune.

J’aimerais l’emmener à la Fierté ou lui offrir quelque chose.

Ce peut être une belle attention. Vérifiez d’abord auprès de ses parents, et auprès du jeune. Tout reste transparent, et vous vous assurez que le geste est le bienvenu.

Je travaille dans le sport, l’enseignement ou l’animation jeunesse. Est-ce que ça s’applique à moi?

En bonne partie, oui, surtout l’utilisation du bon prénom et des bons pronoms et le fait d’intervenir contre le harcèlement. Les politiques de votre organisme en matière de protection des jeunes, de vie privée et de communication avec les jeunes passent en premier.

À lire aussi : Faire son coming out en tant que parent · Comprendre l’orientation sexuelle · Soutenir votre enfant non binaire

L’aider à trouver du soutien

Pour le jeune : l’alliance gai-hétéro (AGH) ou le comité de la diversité sexuelle et de genre de son école, un organisme local pour les jeunes 2ELGBTQIA+, ou Jeunesse, J’écoute peuvent l’aider à élargir son cercle. Pour votre ami ou amie : les sections pflag partout au Canada tiennent des rencontres de soutien par les pairs pour les parents et les familles, en personne et en ligne.

Trouver une section près de chez vous

Faire partie des adultes sur qui un jeune peut compter, c’est l’une des choses les plus puissantes que vous puissiez faire.

Besoin de parler à quelqu’un maintenant?

Si vous ou une personne que vous aimez traversez une crise, du soutien gratuit est offert en tout temps.

  • 9-8-8 Ligne d’aide en cas de crise de suicide Appelez ou textez, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, en français et en anglais.
  • 1-800-668-6868 Jeunesse, J’écoute Pour les jeunes, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
  • 1-877-330-6366 Trans Lifeline Soutien par les pairs offert par et pour les personnes trans (en anglais).

Si une personne est en danger immédiat, composez le 9-1-1.