Soutenir votre enfant non binaire
Votre enfant vous a confié ne pas se reconnaître entièrement dans « garçon » ou « fille ». Vous ressentez peut-être du soulagement, de la confusion, ou les deux. Pas besoin de tout comprendre pour réussir l’essentiel : croire votre enfant.
Vous venez de l’apprendre? Commencez par Votre enfant vient de vous confier être trans
Dans ce guide
- D’autres parents l’ont vécu
- Ce que veut dire non binaire
- Prénom, pronoms et mots de la famille
- Au quotidien
- Quoi dire
- Les questions des parents
- Du soutien pour vous
Besoin de parler maintenant? Appelez ou textez le 9-8-8
Ce guide prend le relais de Votre enfant vient de vous confier être trans. Certains parents ont plus de mal à se représenter une identité non binaire qu’une identité trans binaire, parce qu’il n’y a pas d’« avant » et d’« après » familier. C’est normal. Vous apprenez quelque chose de nouveau, et vous avez le temps.
Pas besoin de comprendre le genre de votre enfant pour le respecter.
D’autres parents l’ont vécu
« Est-ce que c’est réel, ou quelque chose vu en ligne? »
« Je me trompe encore de pronom et je m’en veux. »
« Iel, j’ai du mal à le dire. »
« Qu’est-ce que je vais dire à ma mère? »
« Ça me manque de dire “mon fils”. »
« Est-ce que mon enfant va vouloir une chirurgie? »
Les parents disent tout ça lors des rencontres pflag. Rien de tout ça ne fait de vous un parent qui manque de soutien. Ça montre que vous prenez la chose au sérieux.
Ce que veut dire non binaire
Non binaire est un terme parapluie qui désigne les personnes dont le genre n’est pas seulement « homme » ou « femme ». Une personne non binaire peut :
- se sentir les deux, ou entre les deux
- ne se sentir ni l’un ni l’autre (agenre)
- sentir son genre varier avec le temps (genre fluide)
- utiliser un autre mot, comme genderqueer, demifille ou demigarçon
Certaines personnes non binaires se considèrent comme trans, d’autres non. Bispirituel (deux-esprits) est une identité distincte, propre à certaines personnes autochtones et ancrée dans leur culture.
Être non binaire n’est pas une question d’apparence. Votre enfant peut s’habiller d’une façon que vous qualifieriez de féminine, de masculine, des deux, ou d’une façon qui change d’un jour à l’autre. Ce sont toutes des façons d’être non binaire.
Environ 41 000 personnes au Canada âgées de 15 ans et plus se sont décrites comme non binaires au Recensement de 2021.
Cela représente environ 4 personnes trans et non binaires sur 10.
Dans une enquête nationale auprès de jeunes trans et non binaires de 14 à 25 ans, 44 % étaient non binaires.
Pour d’autres termes, consultez le glossaire de Comprendre la diversité de genre.
Prénom, pronoms et mots de la famille
Les pronoms. En français, bien des personnes non binaires utilisent iel, ou une variante comme ielle ou al. D’autres préfèrent elle ou il, alternent les deux, ou choisissent de ne pas utiliser de pronom du tout. En anglais, beaucoup utilisent they/them, ce qui compte pour les familles bilingues et les élèves dans une école de langue anglaise.
En français, la question ne s’arrête pas au pronom : les accords comptent aussi. Certaines personnes non binaires préfèrent des formulations neutres, comme « mon enfant est une personne créative » ou « mon enfant a du talent » plutôt que « créatif » ou « créative ». Demandez à votre enfant ce qui lui convient.
Si « iel » vous semble étrange, c’est normal : c’est un mot récent, entré dans le dictionnaire Le Robert en ligne en 2021. Comme tout nouveau mot, il devient naturel à l’usage.
Comment vous y habituer :
- Pratiquez à voix haute quand votre enfant n’est pas là.Racontez votre journée au chien en parlant de votre enfant. Lisez une histoire à voix haute en remplaçant les pronoms par ceux de votre enfant.
- Corrigez-vous rapidement et continuez.« Elle… pardon, iel a dit qu’iel serait en retard. » De longues excuses ramènent le moment à votre culpabilité.
- Utilisez son prénom et ses pronoms même quand votre enfant n’est pas dans la pièce.C’est là que l’habitude se crée, et c’est comme ça que les autres apprennent.
Les mots de la famille. Des mots comme fils, fille, frère, sœur, neveu et nièce sont genrés. Demandez à votre enfant quels mots lui conviennent. Certains enfants sont à l’aise avec « ma fille », d’autres préfèrent « mon enfant », « notre plus jeune » ou, pour la fratrie, un mot neutre comme adelphe (frère ou sœur).
Des prénoms différents selon les endroits. Certains jeunes ont fait leur coming out à la maison, mais pas à l’école, ou auprès de leurs amis, mais pas de leurs grands-parents. Demandez à votre enfant avant d’utiliser son prénom ou ses pronoms dans un nouveau milieu, et ne dévoilez jamais son identité. C’est à votre enfant de raconter son histoire.
D’autres conseils pratiques se trouvent à la rubrique Prénoms et pronoms de Comprendre la diversité de genre.
Au quotidien
Vêtements, coiffure et expression. Laissez votre enfant explorer. Les cheveux, ça repousse. L’accueil reçu à la maison, ça reste.
Toilettes et vestiaires. Bien des écoles, des milieux de travail et des centres communautaires ont maintenant des toilettes individuelles ou non genrées. Demandez à votre enfant ce qui lui semble sécuritaire, et cherchez ensemble ce qui est offert.
L’école. Les politiques sur le prénom et les pronoms à l’école varient selon la province et le conseil ou centre de services scolaire, et plusieurs provinces ont récemment changé les leurs. Parlez avec votre enfant avant de communiquer avec l’école, pour ne pas dévoiler son identité. Informez-vous ensuite de la politique actuelle de son école.
Formulaires et pièces d’identité. Les passeports canadiens et de nombreux documents fédéraux offrent un marqueur de genre X. Les règles des provinces et des territoires varient. Certains pays, dont les États-Unis, ne reconnaissent pas le marqueur X, et le gouvernement du Canada avertit que les voyageurs qui l’utilisent pourraient éprouver des difficultés à la frontière. Consultez les conseils aux voyageurs à jour avant de réserver.
Les soins de santé. Certaines personnes non binaires ont recours à des soins médicaux, comme les hormones, pour se sentir plus à l’aise dans leur corps. Bien d’autres non. Il n’y a pas de parcours unique. Toute décision médicale se prend avec une équipe soignante et avec un consentement éclairé. Consultez la rubrique Ce que la transition peut vouloir dire de Comprendre la diversité de genre.
Ce qui aide
- Demander à votre enfant quel prénom utiliser
- Pratiquer jusqu’à ce que ça devienne naturel
- Demander avant de partager
- Laisser votre enfant explorer
- Prendre sa défense auprès de la famille
Ce qui complique les choses
- « Choisis-en un »
- Utiliser l’ancien prénom « juste à la maison »
- Débattre de grammaire
- L’annoncer à la famille à sa place
- Voir son identité comme une phase à attendre
Quoi dire
« Merci de me l’avoir dit. Comment aimerais-tu que je t’appelle? »
Commencez par le prénom. C’est ce qu’il y a de plus personnel.
« Quels pronoms veux-tu que j’utilise? Est-ce que c’est pareil partout, ou différent à l’école ou dans la famille? »
Votre enfant voit que vous comprenez que la sécurité peut varier selon les endroits.
« Je vais pratiquer. Si je me trompe, dis-le-moi. Je n’en ferai pas une montagne. »
Vous corriger devient simple et sans conséquence.
« Y a-t-il un mot que tu aimerais que j’utilise à la place de [fils / fille]? »
Ça montre que vous pensez aussi aux petites choses.
Si vous avez déjà réagi d’une façon que vous regrettez, il n’est pas trop tard. Lisez Quand votre première réaction n’a pas été à la hauteur.
Les questions des parents
Ce n’est pas juste une mode?
Plus de jeunes qu’avant se décrivent comme non binaires. C’est en partie parce qu’ils ont maintenant des mots pour quelque chose que des gens ont toujours ressenti, et en partie parce que c’est plus sécuritaire de le dire. Dans un cas comme dans l’autre, votre enfant vous confie quelque chose sur son identité. Ce n’est pas un effet de mode.
Avant, mon enfant se disait [gai / trans / finalement une fille]. Maintenant, c’est non binaire. Est-ce que mon enfant le sait vraiment?
Comprendre son genre peut prendre du temps, et chaque étape est souvent plus proche de la vérité. Suivre votre enfant aujourd’hui ne l’enferme dans rien. Ne pas croire votre enfant, par contre, fait du tort, peu importe ce qui arrive ensuite.
Est-ce que mon enfant va vouloir des hormones ou une chirurgie?
Pas nécessairement. Bien des personnes non binaires n’ont recours à aucun soin médical. D’autres oui, et c’est une décision personnelle prise avec une équipe soignante. La meilleure façon de savoir ce que votre enfant souhaite, c’est de le lui demander, doucement et sans pression.
Est-ce qu’être non binaire veut dire être gai?
Non. L’identité de genre et l’orientation sexuelle sont deux choses distinctes. Une personne non binaire peut être attirée par n’importe qui, ou par personne. Consultez Comprendre l’orientation sexuelle.
Des proches refusent d’utiliser les pronoms de mon enfant. Que puis-je faire?
Exprimez clairement vos attentes : « C’est comme ça qu’on parle de notre enfant maintenant. On aimerait que tu fasses pareil. » Donnez l’exemple chaque fois. Si quelqu’un continue de refuser, protégez votre enfant : visites plus courtes, correction sur le moment, ou conversation en privé avant la prochaine visite. Votre enfant remarquera de quel côté vous êtes. Pour les rencontres de famille, lisez Faire son coming out en tant que parent.
L’autre parent refuse d’utiliser « iel ».
C’est fréquent, et c’est difficile pour tout le monde, surtout pour votre enfant. Lisez Quand vous et l’autre parent n’êtes pas d’accord.
Ça me manque de dire « mon fils » ou « ma fille ». Est-ce mal?
Non. Bien des parents vivent une forme de deuil, tout en soutenant pleinement leur enfant. Votre enfant est toujours là. Ce qui a changé, ce sont les mots pour en parler. Confiez ce deuil à des personnes qui peuvent l’accueillir, comme votre partenaire, une personne de confiance ou d’autres parents chez pflag, plutôt qu’à votre enfant.
À lire aussi : Comprendre la diversité de genre · Quand vous et l’autre parent n’êtes pas d’accord · À quoi vous attendre lors de votre première rencontre pflag
Vous n’avez pas à faire ce chemin en solitaire
Des parents d’enfants non binaires participent aux rencontres pflag partout au Canada, et bon nombre se souviennent d’avoir ressenti exactement ce que vous ressentez. Venez avec vos questions, même celles qui vous semblent banales.
Trouver une section près de chez vous
Les pronoms, ça se pratique. L’amour, ça commence aujourd’hui.
Besoin de parler à quelqu’un maintenant?
Si vous ou une personne que vous aimez traversez une crise, du soutien gratuit est offert en tout temps.
- 9-8-8 Ligne d’aide en cas de crise de suicide Appelez ou textez, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, en français et en anglais.
- 1-800-668-6868 Jeunesse, J’écoute Pour les jeunes, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
- 1-877-330-6366 Trans Lifeline Soutien par les pairs offert par et pour les personnes trans (en anglais).
Si une personne est en danger immédiat, composez le 9-1-1.