Votre enfant vient de vous confier être gai, lesbienne ou bi
Votre enfant vient de vous confier quelque chose sur son identité, et peut-être sur qui pourrait un jour faire battre son cœur. Vous n’avez pas besoin des mots parfaits. Votre enfant a besoin de savoir que votre amour n’a pas changé.
Vous venez de l’apprendre? Commencez par les 48 premières heures
Que votre enfant ait 13 ou 35 ans, faire son coming out auprès d’un parent est l’un des plus grands risques qu’on puisse prendre. C’est avec vous que votre enfant a choisi de le prendre. Ce guide porte sur les jours et les semaines qui suivent, une fois la première conversation passée, quand vous cherchez ensemble la suite.
Si votre enfant vous a confié être trans ou non binaire, commencez plutôt par Votre enfant vient de vous confier être trans ou Soutenir votre enfant non binaire. Certains jeunes font leur coming out à la fois sur leur genre et sur leur attirance. Les deux guides peuvent vous aider.
Votre enfant est la même personne qu’hier. Vous la connaissez simplement un peu mieux.
D’autres parents l’ont vécu
« Est-ce que j’ai fait quelque chose pour que ça arrive? »
« C’est juste une phase, non? »
« J’ai peur que les gens soient cruels avec mon enfant. »
« Je l’accepte, alors pourquoi je me sens triste? »
« Comment on l’annonce à mes parents? »
« Honnêtement, je pense que je l’ai toujours su. »
Les parents disent tout ça lors des rencontres pflag, souvent dans la même soirée. Rien de tout ça ne fait de vous un parent qui manque de soutien. Ce qui compte, c’est ce que vous faites ensuite.
Ce qui change, ce qui ne change pas
Ce qui ne change pas : votre enfant est la même personne, avec le même sens de l’humour, les mêmes habitudes et le même besoin de vous. Son avenir peut toujours inclure un ou une partenaire, un mariage et des enfants, si c’est ce que votre enfant souhaite. Le mariage entre personnes de même sexe est légal partout au Canada depuis 2005, et les personnes 2ELGBTQIA+ fondent des familles de toutes sortes de façons.
Ce qui pourrait changer : l’image de l’avenir de votre enfant que vous portiez, peut-être sans vous en rendre compte. Renoncer à cette image peut ressembler à un deuil, même quand vous offrez tout votre soutien. C’est normal. Mais ce travail-là vous revient, pas à votre enfant.
Quelques repères sur l’orientation sexuelle :
- Ce n’est pas un choix, et ce n’est pas causé par l’éducation, un groupe d’amis ou quelque chose que vous avez fait ou pas fait.
- On ne peut pas la changer, et les tentatives en ce sens causent de vrais torts. Au Canada, faire subir une soi-disant thérapie de conversion à quelqu’un est un crime, peu importe son âge.
- Pour les jeunes, faire son coming out est une question d’identité : qui on est, et qui on fréquentera ou aimera peut-être un jour. Ce n’est pas une déclaration sur la sexualité.
Pour les mots que votre enfant pourrait utiliser, comme bi, pan, queer ou ace, consultez Comprendre l’orientation sexuelle.
Votre réaction compte plus que vous ne le pensez.
Selon une étude marquante, les jeunes adultes qui avaient vécu beaucoup de rejet familial à l’adolescence étaient plus de huit fois plus susceptibles de déclarer une tentative de suicide que les jeunes dont la famille avait fait preuve de peu ou pas de rejet. De petits pas vers l’acceptation faisaient une différence mesurable.
Les premières semaines
- Gardez le quotidien normal.Les soupers, les tâches, les blagues de famille, les éternelles discussions sur le temps d’écran. La vie ordinaire est l’une des façons les plus claires de montrer que rien n’a changé dans votre amour.
- Laissez votre enfant décider qui est au courant.Demandez : « Qui le sait déjà? Est-ce qu’il y a quelqu’un à qui tu aimerais le dire, et est-ce que tu veux de l’aide? » En parler à la famille, au personnel de l’école, à l’entraîneur ou à votre communauté de foi avant que votre enfant le souhaite peut lui faire courir des risques. C’est à votre enfant de raconter son histoire.
- Renseignez-vous un peu de votre côté.Lisez, écoutez, posez des questions à d’autres parents. Votre enfant ne devrait pas être votre seule source d’information.
- Gardez une vue d’ensemble.Être gai, lesbienne ou bi n’est pas un problème. L’intimidation, l’isolement et la stigmatisation peuvent en être un. Remarquez les changements d’humeur, de sommeil, d’amitiés ou à l’école, et posez des questions comme vous le feriez avec n’importe quel enfant.
- Parlez avec l’autre parent.Si vous n’êtes pas sur la même longueur d’onde, c’est fréquent. Quand vous et l’autre parent n’êtes pas d’accord peut vous aider.
- Trouvez un endroit pour vos propres émotions.Votre partenaire, une personne de confiance, un ou une thérapeute, ou d’autres parents lors d’une rencontre pflag.
Ce qui aide
- Dire « Je t’aime » à voix haute
- Demander avant de partager la nouvelle
- Apprendre les mots que votre enfant utilise
- Traiter ses béguins et ses relations comme les autres
- Trouver du soutien pour vous-même
Ce qui complique les choses
- « C’est vraiment sûr? »
- « N’en parle juste pas à tes grands-parents »
- Demander de garder ça secret « pour l’instant », pour votre confort
- Faire du sujet un tabou
- Rendre votre enfant responsable de vos émotions
Quoi dire
Pas besoin d’un discours. Court et honnête, c’est ce qu’il y a de mieux.
« Merci de me l’avoir dit. Je t’aime, et ça n’a pas changé. »
Dites-le même si vous l’avez dit la première fois. Votre enfant a peut-être besoin de l’entendre encore.
« Est-ce qu’il y a quelque chose qui t’inquiète, ou que tu voudrais que je sache? »
Ça ouvre la porte aux sujets plus difficiles, comme l’école, les amis ou la foi.
« Qui d’autre le sait? À qui aimerais-tu le dire, et comment je peux t’aider? »
Votre enfant reste aux commandes de sa propre histoire.
« J’apprends encore, et il se peut que je me trompe. Dis-le-moi si ça arrive. »
Votre enfant se sent libre de vous corriger.
Si vous regrettez votre première réaction, comme « C’est vraiment sûr? » ou « Tu es trop jeune pour le savoir », il n’est pas trop tard. Lisez Quand votre première réaction n’a pas été à la hauteur.
Quand votre enfant commence à fréquenter quelqu’un
Quand votre enfant commence à fréquenter quelqu’un, les règles devraient être les mêmes que pour n’importe quel enfant : heure de rentrée, respect, sécurité et consentement. Intéressez-vous à la personne qui lui plaît. Invitez-la à souper. Si un frère ou une sœur hétéro peut venir avec quelqu’un à une fête de famille, votre enfant le peut aussi.
Bien des jeunes rencontrent des amis et des partenaires en ligne, surtout s’ils ne connaissent pas d’autres personnes 2ELGBTQIA+ près de chez eux. Parlez de sécurité en ligne comme vous le feriez avec n’importe quel ado. Le danger, ce n’est pas l’orientation de votre enfant. Ce sont les inconnus qui cherchent à exploiter les jeunes.
Si votre enfant est bi
Parmi les Canadiennes et Canadiens qui se disent lesbiennes, gais ou bisexuels, les personnes bi forment le groupe le plus nombreux : plus de la moitié. Pourtant, ce sont aussi les personnes dont l’orientation est le plus souvent mise en doute, autant par les personnes hétéros que par les personnes gaies.
Votre enfant entendra peut-être « C’est une phase », « Décide-toi » ou « Mais tu as déjà fréquenté quelqu’un d’un autre genre ». Ces phrases peuvent faire plus mal qu’une hostilité ouverte. Le genre de la personne que votre enfant fréquente ne change pas son orientation. Une personne bi en couple avec quelqu’un d’un autre genre reste bi.
Certains jeunes utilisent plutôt pansexuel ou queer. La différence compte plus pour certaines personnes que pour d’autres. Le meilleur mot, c’est celui que votre enfant choisit.
Les questions des parents
Est-ce que c’est une phase?
Prenez votre enfant au sérieux aujourd’hui. Pour certaines personnes, la compréhension de soi évolue avec le temps, et ce n’est pas la même chose que de faire erreur. Votre soutien n’est pas un pari sur une étiquette. C’est le message que vous aimez la personne devant vous.
Comment peut-on le savoir à cet âge?
La plupart des gens commencent à remarquer qui les attire vers la puberté, les jeunes hétéros aussi. Personne ne demande à un jeune hétéro de 12 ans si c’est vraiment sûr.
Est-ce que c’est ma faute?
Non. L’éducation ne rend pas un enfant gai, lesbienne ou bi, et rien de ce que vous avez fait ou pas fait n’en est la cause. Ce que votre façon d’être parent influence, c’est le sentiment de sécurité de votre enfant quand vient le temps de vous parler de sa vie.
Mon enfant me l’a dit à l’âge adulte. Pourquoi pas plus tôt?
Bien des gens ont d’abord besoin de temps pour se comprendre, ou attendent de se sentir assez en sécurité. Ce n’est pas une mesure de votre relation. Dites à votre enfant que ça vous touche de l’apprendre, et demandez comment c’était de porter ça sans en parler à personne. Pour aller plus loin, lisez Votre enfant adulte vient de faire son coming out.
Ma foi dit que c’est mal. Que faire?
Bien des familles croyantes ont parcouru ce chemin avant vous. Vous n’avez pas à choisir entre votre foi et votre enfant. Au Canada, de nombreuses communautés de foi accueillent les personnes 2ELGBTQIA+ et leurs familles. Consultez les organismes de foi sur notre page Ressources, ou demandez à votre section locale de vous mettre en contact avec d’autres familles croyantes.
J’ai peur pour sa sécurité.
C’est une inquiétude qui vient de l’amour. L’orientation sexuelle est protégée par les lois canadiennes sur les droits de la personne, et les mentalités ont énormément changé, mais la discrimination existe encore. La meilleure protection que vous puissiez offrir, c’est votre soutien. Les enfants qui savent que leur famille est de leur côté traversent beaucoup mieux ce que la vie leur réserve.
Et les petits-enfants?
Les personnes gaies, lesbiennes et bi deviennent parents en couple, par l’adoption, en devenant famille d’accueil, grâce à un don de gamètes ou à la gestation pour autrui, comme bien des personnes hétéros. Si votre enfant veut fonder une famille un jour, son orientation ne l’en empêchera pas.
À lire aussi : Comprendre l’orientation sexuelle · Quand vous et l’autre parent n’êtes pas d’accord · Quand votre première réaction n’a pas été à la hauteur
Vous n’avez pas à faire ce chemin en solitaire
Partout au Canada, des parents ont été à votre place, et les sections pflag tiennent des rencontres de soutien par les pairs pour les familles comme la vôtre. Vous vous demandez comment se passe une rencontre? Lisez À quoi vous attendre lors de votre première rencontre pflag.
Trouver une section près de chez vous
Votre enfant vous l’a dit par confiance. Continuez de lui montrer que cette confiance était bien placée.
Besoin de parler à quelqu’un maintenant?
Si vous ou une personne que vous aimez traversez une crise, du soutien gratuit est offert en tout temps.
- 9-8-8 Ligne d’aide en cas de crise de suicide Appelez ou textez, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, en français et en anglais.
- 1-800-668-6868 Jeunesse, J’écoute Pour les jeunes, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
- 1-877-330-6366 Trans Lifeline Soutien par les pairs offert par et pour les personnes trans (en anglais).
Si une personne est en danger immédiat, composez le 9-1-1.