Guide express Premiers pas

Votre enfant adulte vient de faire son coming out

Votre enfant adulte vient de vous confier quelque chose qui lui est peut-être connu depuis des années. Vous avez peut-être l’impression que toute votre histoire commune vient de basculer. Ce qui n’a pas changé, c’est que votre enfant voulait que vous le sachiez.

Que votre enfant ait 22 ou 52 ans, faire son coming out auprès d’un parent reste un risque. Une personne adulte peut perdre autant qu’un ado : les fêtes, l’histoire familiale, le sentiment d’avoir un endroit où rentrer. Votre enfant a jugé que vous valiez ce risque.

Ce guide s’adresse aux parents de toute personne adulte qui a fait son coming out : que ce soit comme personne gaie, lesbienne, bi ou queer, trans ou non binaire. Pour des guides propres à chaque identité, lisez Votre enfant vient de vous confier être gai, lesbienne ou bi, Votre enfant vient de vous confier être trans et Soutenir votre enfant non binaire.

Il n’est jamais trop tard pour être le parent à qui votre enfant espérait se confier.

D’autres parents l’ont vécu

« Pourquoi ne pas me l’avoir dit avant? »

« Est-ce que j’ai manqué des signes? »

« Ses frères et sœurs le savaient avant moi. »

« Et son mariage, dans tout ça? »

« J’ai dit des choses au fil des ans que je regrette aujourd’hui. »

« Je ressens de la fierté pour mon enfant, et je vis un deuil en même temps. »

Les parents d’enfants adultes disent tout ça lors des rencontres pflag. La peine et l’amour peuvent coexister. Ce qui compte, c’est lequel des deux vous laissez parler en premier.

Pourquoi maintenant, et pourquoi pas avant

Bien des gens passent des années à se comprendre avant d’en parler à voix haute. D’autres le savent tôt, mais attendent de se sentir en sécurité : d’avoir leur propre logement et leur revenu, quelqu’un à leurs côtés, ou simplement la force de risquer la réponse.

Parfois, un changement de vie précipite les choses : une nouvelle relation, un déménagement, la naissance d’un enfant, un deuil dans la famille, ou la décision d’arrêter de se cacher.

Il est fréquent que les parents l’apprennent en dernier. Ce n’est pas parce qu’ils comptent moins. C’est souvent parce qu’ils comptent le plus, et que l’enjeu semble alors le plus grand.

C’est normal qu’une part de vous ait de la peine de ne pas l’avoir su. Ce sentiment est réel. Essayez d’en parler à votre partenaire, à une personne de confiance ou à d’autres parents, plutôt que de demander à votre enfant de vous expliquer cette attente.

Ce qui change quand l’enfant est adulte

  • Vous n’avez rien à décider.Votre enfant est adulte. Votre rôle n’est pas d’approuver ni de guider. C’est de rester proche, et de continuer d’être quelqu’un que votre enfant a envie d’avoir dans sa vie.
  • Votre enfant a peut-être toute une vie que vous découvrez.Un ou une partenaire, des amis, une communauté, peut-être des années d’expériences dont vous ne saviez rien. Intéressez-vous à tout ça.
  • Votre histoire commune peut prendre un autre sens.Vous vous souviendrez peut-être autrement de certaines blagues, de certains commentaires ou de certains silences. Si quelque chose que vous avez dit au fil des ans a blessé votre enfant, il n’est pas trop tard pour le nommer. Lisez Quand votre première réaction n’a pas été à la hauteur.
  • D’autres personnes le savaient peut-être avant vous.La fratrie, des cousins ou des amis le savent parfois depuis des années. Ce n’est pas un palmarès de qui compte le plus. Votre enfant a généralement commencé là où c’était le plus sécuritaire.
  • Laissez votre enfant décider qui est au courant.Même à l’âge adulte, on choisit avec soin à qui le dire, au travail, dans la famille élargie ou dans une communauté de foi. Demandez avant d’en parler.

Ce qui aide

  • Dire que ça vous fait plaisir de l’apprendre
  • S’intéresser à sa vie, pas seulement à son identité
  • Accueillir son ou sa partenaire
  • Reconnaître les commentaires passés
  • Trouver du soutien pour vous-même

Ce qui complique les choses

  • « Pourquoi tu ne me l’as pas dit avant? »
  • « Je l’ai toujours su »
  • Traiter la nouvelle comme une crise
  • Demander de ne rien dire à la famille, pour votre confort
  • Exiger des explications sur tout

Quoi dire

« Merci de me l’avoir dit. Ça me fait du bien de le savoir. »

Simple, et ça permet à votre enfant de respirer.

« J’aurais aimé que tu n’aies pas eu à porter ça en solitaire. Je suis là maintenant. »

Ça reconnaît les années passées sans blâmer qui que ce soit.

« Parle-moi de ta vie. J’aimerais mieux te connaître. »

Ça ouvre la porte à tout ce que vous avez peut-être manqué.

« Est-ce qu’il y a des choses que j’ai dites au fil des ans et que je devrais reprendre? »

C’est courageux, et bien des enfants adultes attendent depuis longtemps de l’entendre.

Deux phrases à éviter, même si elles viennent naturellement : « Je l’ai toujours su », qui peut enlever à votre enfant son moment, et « Pourquoi tu ne me l’as pas dit avant? », qui peut transformer son soulagement en culpabilité.

Le ou la partenaire et la famille

Si votre enfant a un ou une partenaire, accueillez cette personne comme vous accueilleriez n’importe quel gendre ou belle-fille : aux fêtes, sur les photos de famille, dans le groupe de discussion familial. La façon dont vous traitez cette personne est l’un des signes les plus clairs de ce que vous ressentez pour votre enfant.

Si votre enfant était en couple avec quelqu’un d’un autre genre, cette personne vit peut-être elle aussi un grand bouleversement. Votre partenaire vient de faire son coming out s’adresse à elle. Évitez de prendre parti. Votre rôle, c’est de rester proche de votre enfant.

Si votre enfant a des enfants, laissez votre enfant et l’autre parent décider de ce qu’on leur dit, et quand. Les enfants reçoivent généralement cette nouvelle plus simplement que les adultes. Ce qu’il leur faut surtout entendre, c’est que les membres de leur famille s’aiment.

Si votre enfant est trans, il se peut que son prénom, ses pronoms ou d’autres aspects de sa vie changent. À l’âge adulte, ces décisions lui appartiennent. Pour en savoir plus, consultez la rubrique Ce que la transition peut vouloir dire de Comprendre la diversité de genre.

Les questions des parents

Est-ce que mon enfant ne me faisait pas confiance?

La confiance n’est pas tout ou rien. Votre enfant pouvait vous faire confiance sur bien des choses et avoir quand même peur de vous perdre à cause de celle-ci. Le fait de vous l’avoir dit maintenant est un signe de confiance, pas le contraire.

Je l’ai appris par quelqu’un d’autre, ou sur les réseaux sociaux.

Ça peut faire mal. Ça vaut la peine de dire doucement à votre enfant que vous aimeriez apprendre les choses de sa bouche. Mais évitez de faire de votre peine le sujet principal. Faites les premiers pas, dites à votre enfant que vous l’aimez, et demandez si votre enfant aimerait en parler.

Mon enfant avait épousé quelqu’un d’un autre genre. Est-ce que tout ça était un mensonge?

Généralement, non. La compréhension de soi évolue, et bien des gens font leur coming out après des années dans des relations sincères et pleines d’amour. Le passé et le présent de votre enfant peuvent être vrais tous les deux.

Mon enfant est trans et utilise un nouveau prénom. Que faire des photos de bébé et des documents familiaux?

Demandez à votre enfant. Certaines personnes sont heureuses que les vieilles photos restent au mur, d’autres préféreraient que non, et d’autres encore n’ont pas de préférence. Suivez ses souhaits. Utilisez son prénom à partir de maintenant, y compris dans les cartes, les invitations et les annonces familiales.

Ma génération voyait ça bien autrement. Est-il trop tard pour que je comprenne?

Non. Bien des parents aux rencontres pflag ont 60, 70 ou 80 ans. Pas besoin de tout comprendre pour offrir votre soutien. Il suffit d’avoir la volonté d’apprendre.

Ma foi influence ma façon de voir les choses.

Bien des familles croyantes ont parcouru ce chemin avant vous. Vous n’avez pas à choisir entre votre foi et votre enfant. Votre section locale peut vous mettre en contact avec d’autres familles croyantes.

À lire aussi : Faire son coming out en tant que parent · Quand votre première réaction n’a pas été à la hauteur · À quoi vous attendre lors de votre première rencontre pflag

Vous n’avez pas à faire ce chemin en solitaire

Bien des parents aux rencontres pflag l’ont appris alors que leur enfant était déjà adulte. Ces parents savent ce que c’est de revoir des années d’histoire familiale, et peuvent vous aider à avancer. Quand le moment sera venu d’en parler à votre entourage, lisez Faire son coming out en tant que parent.

Trouver une section près de chez vous

Votre enfant vous l’a dit pour que vous fassiez partie de sa vie. C’est la meilleure nouvelle dans tout ça.

Besoin de parler à quelqu’un maintenant?

Si vous ou une personne que vous aimez traversez une crise, du soutien gratuit est offert en tout temps.

  • 9-8-8 Ligne d’aide en cas de crise de suicide Appelez ou textez, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, en français et en anglais.
  • 1-800-668-6868 Jeunesse, J’écoute Pour les jeunes, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
  • 1-877-330-6366 Trans Lifeline Soutien par les pairs offert par et pour les personnes trans (en anglais).

Si une personne est en danger immédiat, composez le 9-1-1.